Lam son Ajaccio

Le Maître Jacques Tran Van Ba




Le Maître Jacques Tran Van Ba
Jacques Tran Van Ba est né en 1950 à Saigon. Il fait partie des maîtres chanceux qui ont été, comme on dit, nourri aux arts martiaux. En effet, sa famille compte de nombreux maîtres et ce depuis plusieurs générations.

Son arrière-grand-père, médecin et maître d'art martial, était un patriote fervent, ayant combattu aux côtés du grand révolutionnaire Phan Xích Long, responsable d'un groupe d'experts qui avait donné du fil à retordre au gouvernement colonial de l'époque. La révolution lui avait coûté dix ans au bagne Poulo Condor, la Cayenne française au Vietnam.

Son grand-père maternel surnommé Bây Quang (Bây le frisé) était connu comme un vaillant combattant dans tout le sud du Vietnam. Cet homme renommé pour son coup de pied mortel, avait battu, pendant l'occupation du Vietnam par le Japon, tous les experts japonais l'ayant défié. Ceux-ci pour se venger avaient utilisé l'armée pour l'arrêter et lui avaient brisé les pieds à coup de barres de fer.

Son père, celui qui lui a enseigné ses premières bases, était l'élève de monsieur Huỳnh Hữu Tích, un grand maître au style tout à fait particulier, et dont le fils détenteur des secrets de son art pratique toujours à soixante dix ans passés, dans un village non loin de Saigon.

Ainsi né dans un milieu mêlant arts martiaux et bouddhisme, le jeune Jacques Tran Van Ba rejoignit à l'âge de douze ans l'école Lam Sơn des granđs maîtres Quách Kế et Quách Phước, école qu'il n'a plus quittée depuis près de quarante ans et dont il est le représentant officiel en France.

Le Maître Jacques Tran Van Ba
Jeune lycéen dans un établissement chinois entre Saigon et Cholon, il connut dans les familles de ses amis de classe les styles chinois de Canton, de Phu Kien et le Hung Gar. De nombreux voyages en Thaïlande et à Hong-Kong lui permirent également de s'initier à la boxe Thaï, au Wing Tsun et au Choi Lee Fut. Il apprit aussi le judo avec le révérend Thich Tâm Giac de l'école Quang Trung à Saigon. De 1968 à 1971, il fut combattant de ring au Vietnam.

Le Maître Jacques Tran Van Ba
Malgré cette diversité, il resta fidèle à l'école Lam Sơn et à tous ses maîtres. Arrivé à Montpellier en 1971 pour faire ses études supérieures, Jacques Tran Van Ba ouvrit sa première école de Lam Son Vo Dao au CREPS, où il enseigna avec discrétion son art traditionnel.
Il participa avec les maîtres Ly Sarry, Phan Toan Châu et d'autres, dans les années soixante-quinze à la création de la fédération Viet Vo Dao au sein de la FFKAMA

Quelle est la différence entre un professeur et un maître ?

"C’est un piège que vous me posez, mais je vais tâcher d’être simple. Justement, un maître c’est celui qui a trouvé la simplicité, alors que le professeur est encore pris dans le tourbillon de techniques.
Dans un autre domaine mais toujours à propos de maîtres, il ne faut surtout pas tomber dans le piège des maîtres à la face mystique et au cœur de bandit qui traitent les élèves comme des esclaves, qui leurs pompent du fric jusqu’à la moelle et qui détruisent leur esprit.
Un maître c’est celui vous transmet son savoir qu’il a longuement expérimenté et vécu tout en vous laissant la liberté d’évoluer et de vivre vous même votre propre expérience. Il vous guide, par sa connaissance, dans le chemin que vous aviez choisi et non pas celui qu’il vous impose. Un vrai maître, c’est celui qui vous apprend à être un homme ou une femme libre. Si vous vous conduisez comme un esclave, plus tard vous ne pourrez pas devenir un maître.
En France, beaucoup jouent sur le mot maître pour vous faire croire à une sorte de maître mystique à qui vous devez vouer corps et âme, la plus part sont des escrocs. Il faut comprendre maître dans le sens de maître de compagnonnage, un guide qui vous transmet son savoir en vous respectant. Bien sûr il faut en retour le respecter mais il ne faut pas embrasser ses savates comme s’il était un dieu vivant.
Dans le Lam Son, je vous apprends les arts martiaux, mais je souhaite que vous vous connaissiez la valeur du mot liberté. Quand un homme est libre, même en prison pour une cause juste, il est libre. C’est cela l’esprit de courage et de sacrifice des maîtres spirituels de Lam Son, Lê Loi et Lê Lai."
Maître Jacques Tran Van Ba


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